Chez Jean-Robert Yersin, c'est d'abord le regard qui frappe, un regard empreint de curiosité, d'étonnement, de compassion aussi,
essayant de percer les agissements des hommes et les aléas de la vie. « Découvrir, analyser, comprendre et aider à appréhender une
réalité souvent difficile d'accès », tel pourrait bien être son crédo, sa raison d’être.
Si, ensuite dans le débat politique, son esprit se révèle critique, c'est d'abord pour essayer de corriger des erreurs d'appréciation, des
mécanismes défaillants, des systèmes humainement désespérants, rarement pour s'en prendre à des personnes. On le sait caustique,
mais seules des surdoses de provocations ou de prétentieuses bêtises lui font ajouter un peu de vitriol à son humour.
Avec ses engagements, on est loin de l'éphémère, ils sont durables comme sa conception du monde où l'homme ne fait que
s'illusionner lorsqu'il pense pouvoir s'arracher aux lois de la nature et négliger le caractère non renouvelable de ses ressources. Il sait
que cette fuite en avant, relancée après la crise financière, comme si de rien n'était, a quelque chose d'insensé et n’apportera pas le
bien-être promis.
On trouve probablement dans cette posture la marque de ses origines et de sa jeunesse passée dans les montagnes, de son fort
attachement au Pays-d'Enhaut, cette périphérie vaudoise aux contrastes sociaux marqués, aux écosystèmes sensibles, renforcée plus
tard par les enseignements de sa formation de chimiste menée avec succès jusqu'au doctorat.
C'est avec ce bagage précieux permettant d'intégrer la composante écologique à la politique sociale que Jean-Robert Yersin est entré,
il y a plus d'une trentaine d'années, dans la section socialiste du district alors d'Echallens, et qu'il s'y est d'emblée illustré par ses
positions très fermes, entre autres, dans le débat nucléaire. Grâce à lui, la section prit tôt une orientation dictée par l'évolution
contemporaine périlleuse de notre société.
Au Grand Conseil, dans la Commission de gestion, dans son groupe comme en plenum, il est connu pour être d'un abord agréable. Il
écoute mais on l'écoute aussi quand il prend la parole, entre autres, dans les questions de péréquation, d’aménagement du territoire,
d'environnement, dans la politique des transports. La clarté de ses analyses et de ses propos aident au choix et à la mise en place de
bonnes solutions; son expérience au niveau communal lui a permis de dénoncer l'erreur consistant à reporter sur les communes des
charges et des compétences alors qu'une bonne partie d'entre elles n'ont pas les moyens financiers de les assumer.
Et quand il lui arrive de se tromper, qualité peu courante, il reconnaît ses erreurs.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, son sérieux, son attention portée aux débats ne sauraient tempérer son humour, ils ne font
qu'ajourner sa manifestation car c'est vers Noël qu'il lui donne régulièrement libre cours. Avec ses collègues Christine Chevalley et
Jean Guignard, drapeaux rentrés dans la poche, ils font les choux gras des députés lors de la fête de fin d'année. Sous forme de
sketches, ils reprennent les meilleurs calembours et les déclarations se voulant percutantes, pleines d'élan au départ mais qui,
échappant subitement à toute logique et à l'entendement général, s’écrasent laissant leurs auteurs finir dans les abîmes de
l'incompréhension et aussi dans la franche hilarité de l’assistance.
Municipal, conseiller communal, député, les titres ne manquent pas, mais derrière ces titres, il y a des fonctions que Jean-Robert
Yersin a toutes excellemment remplies; l'avenir dira si, après son élection au perchoir, la liste sera un jour à compléter; l'homme, on le
sait, a encore des ressources.
Pour l'heure, ses camarades et amis, heureux, lui sont reconnaissants de ses divers engagements et sont confiants dans ses
compétences de modérateur ainsi que dans la qualité des messages qu' il aura à délivrer comme Président du Grand Conseil vaudois.
Pour le Parti socialiste du district du Gros-de-Vaud, Victor Ruffy